Chauffage & énergie Dossier

Thermostat obligatoire : report à 2030, ce qu’il faut installer

Le décret n° 2025-1343 repousse l'obligation à 2030 dans les logements existants. Le neuf reste à 2027, et l'aide CEE ferme avant.

Thermostat programmable mural affichant une consigne de température, posé dans un couloir de logement, avec un radiateur à eau équipé d'une tête thermostatique en arrière-plan.

En bref

  • Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 a créé deux calendriers. Votre logement existant a jusqu’au 1er janvier 2030. Le neuf reste au 1er janvier 2027, pour les permis de construire déposés à partir de cette date.
  • Le thermostat n’a pas besoin d’être connecté. Service-Public.fr l’écrit noir sur blanc. L’exigence porte sur la fonction : réguler par pièce, selon un pas horaire, avec quatre allures confort, réduit, hors gel et arrêt.
  • En location, c’est le propriétaire qui installe et paie. Le locataire n’a que l’entretien à sa charge.
  • La seule aide encore mobilisable, la fiche CEE BAR-TH-173, porte sa propre date de péremption : « la présente fiche est abrogée à compter du 1er janvier 2027 ». Le Coup de pouce qui lui était adossé a été supprimé le 22 novembre 2024. La fenêtre de financement se referme trois ans avant l’obligation.
  • Aucune sanction n’est publiée à ce jour, et aucune modalité de contrôle non plus. Le texte crée une obligation sans gendarme, ce qui ne veut pas dire qu’il restera ainsi jusqu’en 2030.

Le sujet traîne trois ans de titres contradictoires. « Obligatoire en 2027 », puis « reporté à 2030 », puis « thermostat connecté obligatoire », ce qui est faux. Cet article part des textes eux-mêmes : le décret de 2023, celui qui l’a repoussé fin 2025, l’article du code de l’énergie qui fixe l’exigence technique, et la fiche CEE officielle qui finance l’opération. Les chiffres qui suivent sont tous datés et attribués.

Le thermostat est-il obligatoire en 2027 ou en 2030 ?

Les deux, selon votre logement. Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 a scindé l’échéance unique de 2027 en deux dates : le 1er janvier 2027 pour les bâtiments neufs dont la demande de permis de construire ou la déclaration préalable est déposée à partir de cette date, et le 1er janvier 2030 pour tous les autres bâtiments, c’est-à-dire l’immense majorité du parc.

La formule est textuelle. Le décret complète les articles R. 241-6 et R. 241-31-1 du code de l’énergie par la phrase suivante : « Les dispositions du présent article sont applicables à compter du 1er janvier 2027 pour les constructions de bâtiments ou parties de bâtiments qui font l’objet d’une demande de permis de construire ou d’une déclaration préalable déposée à partir de cette date, et à compter du 1er janvier 2030 pour les autres bâtiments » (décret n° 2025-1343 sur Légifrance, publié au Journal officiel du 27 décembre 2025).

L’obligation elle-même vient de plus loin. Elle a été créée par le décret n° 2023-444 du 7 juin 2023, dont l’article 3 prévoyait une entrée en vigueur au 1er janvier 2027 (texte sur Légifrance). C’est cette échéance unique que le décret de décembre 2025 a fait éclater.

Pourquoi vous lisez aussi la date du 1er mars 2026

Elle existe, et elle sème la confusion. L’article 3 du décret de 2025 remplace « 1er janvier 2027 » par « 1er mars 2026 » dans l’article 3 du décret de 2023. Autrement dit, le décret de 2023 est entré en vigueur le 1er mars 2026 : ses articles vivent désormais dans le code de l’énergie. Mais les obligations qu’ils portent ne s’appliquent qu’aux dates de 2027 et 2030 fixées par l’article 2. Le texte est en vigueur, l’obligation ne mord pas encore.

Votre situationDate limiteTexte de référence
Maison ou appartement existant1er janvier 2030Décret n° 2025-1343, art. 2
Construction neuve, permis déposé à partir du 1er janvier 20271er janvier 2027Décret n° 2025-1343, art. 2
Construction neuve, permis déposé avant le 1er janvier 20271er janvier 2030Décret n° 2025-1343, art. 2
Bâtiment tertiaire existant, chauffage ou climatisation de 70 à 290 kW (système BACS)1er janvier 2030Décret n° 2025-1343, art. 1, modifiant l’article R. 175-2 du code de la construction et de l’habitation
Calendrier issu du décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025, consulté sur Légifrance le 2 septembre 2026.

Le même décret repousse un troisième volet, le calorifugeage des réseaux de distribution de chaleur et de froid situés hors du volume chauffé. Ce chantier relève de la plomberie et non de la domotique : il n’est pas traité ici, mais si vous habitez un immeuble collectif, il arrive en même temps que le thermostat.

Ce que le décret exige vraiment de votre chauffage

L’article R. 241-31-1 du code de l’énergie n’exige pas un « thermostat » au sens du boîtier mural. Il exige une fonction : un système qui régule automatiquement, « selon un pas minimum horaire, la température de chauffage par pièce ou, si cela est justifié, par zone », et qui propose au moins quatre allures. Peu importe la marque, le protocole ou le nombre de boîtiers qu’il faut pour y arriver.

GranularitéPar pièce, ou par zone si cela est justifié
Pas de programmationHoraire au minimum
Allures obligatoiresConfort, réduit (avec commutation automatique), hors gel, arrêt
Chauffage central à eauRégulateur de classe IV, V, VI, VII ou VIII au sens du règlement UE 813/2013, sauf incompatibilité technique
RefroidissementMêmes exigences que le chauffage, pas horaire et régulation par pièce ou par zone
Hors périmètreAppareils indépendants dont « l’alimentation en combustible n’est pas automatisée »
Condition généraleL’obligation ne s’impose que « lorsqu’elle est techniquement ou économiquement réalisable »
Article R. 241-31-1 du code de l’énergie, version consultée sur Légifrance le 2 septembre 2026.

La dernière ligne exclut d’emblée le poêle à bûches et l’insert alimentés à la main. Vous ne pouvez pas programmer un feu que vous rechargez vous-même, et le décret en tire la conséquence.

Point de vigilance

Des robinets thermostatiques classiques sur chaque radiateur ne suffisent pas. Ils règlent une température, ils ne programment pas d’horaire et ils ne connaissent ni le mode « arrêt » ni la commutation automatique entre confort et réduit. Le décret demande une régulation dans le temps, pas seulement dans l’espace.

Non, le thermostat n’a pas besoin d’être connecté

C’est écrit dans le texte officiel destiné aux particuliers : « Le thermostat que vous installez ne doit pas obligatoirement être connecté (pilotable depuis une application pour smartphone ou un site internet) » (Service-Public.fr, page mise à jour le 17 février 2026). Un thermostat programmable filaire, sans Wi-Fi, sans compte et sans application, satisfait l’obligation dès lors qu’il tient les quatre allures et le pas horaire.

La même page décrit l’exigence en langage courant : « Ce thermostat doit vous permettre de programmer la température d’une pièce en employant au moins les 4 niveaux suivants : « confort », « réduit », « hors gel », « arrêt ». » Rien sur le cloud, rien sur le smartphone.

Détail révélateur : la fiche CEE qui finance l’opération va plus loin et se méfie explicitement du tout-connecté. Elle impose que « tous les réglages, y compris les programmations horaires par pièce et l’exécution de ces programmes, peuvent s’effectuer en local a minima » et que « le dispositif de régulation continue de fonctionner en cas de perte de connexion Internet ». Un thermostat qui devient inerte quand la box tombe n’est pas finançable. C’est exactement le raisonnement que nous appliquons au reste de la maison dans notre dossier sur la domotique qui fonctionne sans abonnement.

Alors, à quoi sert la connexion ?

À trois choses réelles, et elles ne sont pas dans le décret. Le pilotage à distance, quand vous rentrez plus tôt ou plus tard que prévu. Le suivi de consommation pièce par pièce, qui transforme une facture opaque en série de courbes. Les automatismes contextuels, notamment la détection d’ouverture de fenêtre et la géolocalisation, que l’ADEME décrit comme le propre des thermostats « intelligents » dans son infographie de décembre 2020.

En face, la connexion ajoute une dépendance à un serveur, un compte, et un flux de données de présence particulièrement bavard : un thermostat connecté sait quand vous dormez, quand vous partez et quand vous rentrez. Avant de choisir, lisez ce que ces appareils remontent réellement dans notre enquête sur ce que le fabricant récupère.

Quel équipement installer selon votre type de chauffage

Il n’existe pas un produit unique qui rende conforme n’importe quel logement. La bonne question n’est pas « quel thermostat acheter » mais « comment obtenir une consigne différente par pièce et par tranche horaire sur mon installation ». Selon votre chauffage, la réponse tient en un boîtier ou en une dizaine d’organes.

InstallationCe qu’il faut poserLe piège
Radiateurs électriques à fil piloteUn thermostat programmable centralisé plus un actionneur fil pilote par radiateur ou par zoneLe fil pilote doit exister et être raccordé jusqu’au tableau
Radiateurs électriques récentsRien de plus si chaque appareil embarque déjà sa programmation et ses quatre alluresBeaucoup de convecteurs anciens n’ont ni programmation ni mode hors gel
Chaudière et radiateurs à eauUn thermostat programmable qui pilote la chaudière, plus des têtes thermostatiques pilotées sur chaque radiateurLa chaudière doit accepter un régulateur de classe IV à VIII
Pompe à chaleurLa régulation intégrée de la PAC si elle gère les quatre allures, sinon un thermostat d’ambiance programmableVérifier que le constructeur autorise un thermostat tiers sans perdre la garantie
Plancher chauffantUne régulation par zone, au maillage le plus fin techniquement atteignableL’inertie du plancher rend la programmation horaire fine peu efficace
Poêle à bûches, insert, chauffage d’appoint à alimentation manuelleRienAucun, ces appareils sont hors du champ de l’obligation
Solutions par type d’installation d’après Promotelec et l’article R. 241-31-1 du code de l’énergie, consultés le 2 septembre 2026.

Le cas du chauffage électrique mérite un mot de plus. Le fil pilote est un conducteur dédié qui transmet un ordre de marche au radiateur, distinct de l’alimentation. Sa présence conditionne toute la solution : sans lui, il faut passer par des modules radio par radiateur, plus chers et plus nombreux. Le réflexe est le même que pour un interrupteur connecté, où tout se joue sur ce que contient la boîte d’encastrement. Notre guide sur ce qu’il faut vérifier dans votre boîtier avant d’acheter détaille la méthode.

Propriétaire ou locataire : qui paie le thermostat ?

Le propriétaire paie l’installation, le locataire assure l’entretien. La règle est énoncée sans ambiguïté par Service-Public.fr : « Ce sont les propriétaires qui auront la charge de faire installer un thermostat, qu’ils occupent leur logement ou qu’ils l’aient mis en location. Les locataires devront en revanche entretenir ces installations. »

La logique est celle de toute mise en conformité du logement : elle porte sur le bien, donc sur son propriétaire, exactement comme l’obligation de détecteur de fumée. Le bailleur qui installe un thermostat en 2026 finance un équipement dont la fiche CEE fixe la durée de vie conventionnelle à 15 ans : l’investissement court bien au-delà du bail en cours.

Bon à savoir

En copropriété à chauffage collectif, la question sort du cadre individuel : la fiche CEE BAR-TH-173 exclut explicitement les systèmes de chauffage collectif, et l’équipement des parties communes relève d’un vote en assemblée générale. Le locataire comme le copropriétaire d’un immeuble chauffé collectivement doivent donc passer par le syndic, pas par un achat en magasin.

Quelles aides en 2026, et pourquoi la fenêtre se referme en 2027

Une seule prime significative reste mobilisable, la fiche CEE BAR-TH-173, et elle porte sa propre date de mort : « La présente fiche est abrogée à compter du 1er janvier 2027 ». La phrase figure dans la fiche officielle publiée par le ministère de la Transition écologique, dans sa version en vigueur depuis le 1er juillet 2025.

Le paradoxe est là, et il structure toute la décision : l’obligation tombe en 2030, l’aide s’arrête en 2027. Le propriétaire qui attend l’échéance légale attendra trois ans de trop pour être financé.

La prime la plus généreuse, elle, a déjà disparu. Le Coup de pouce « Pilotage connecté du chauffage pièce par pièce » a été supprimé par l’arrêté du 18 novembre 2024, publié au Journal officiel le 21 novembre. Depuis le 22 novembre 2024, « il n’est plus possible de faire une demande », confirme Service-Public.fr. La CAPEB et Hellio attribuent cette suppression anticipée à un volume de fraudes devenu ingérable.

AideStatut au 2 septembre 2026Échéance
Coup de pouce « Pilotage connecté du chauffage pièce par pièce »SuppriméPlus aucune demande depuis le 22 novembre 2024
Fiche CEE BAR-TH-173En vigueurAbrogée à compter du 1er janvier 2027
Fiche CEE BAR-TH-118, régulation par programmation d’intermittenceAbrogéeDepuis le 1er janvier 2024
TVA à 5,5 %En vigueurAucune échéance annoncée
MaPrimeRénov’Pas de forfait thermostat isolén/a
Sources : Légifrance, Service-Public.fr, fiche officielle BAR-TH-173, ATEE et BOFiP, consultés le 2 septembre 2026.

Ce que la fiche BAR-TH-173 exige, et ce qu’elle rapporte

Attention au niveau d’exigence : la fiche ne finance pas un thermostat mural seul. Elle impose un dispositif « répondant aux fonctionnalités de la classe B ou de la classe A de la norme NF EN ISO 52120-1 », composé d’un appareil central, d’« une sonde de mesure de la température ambiante dans chaque pièce équipée d’un émetteur de chaleur » et d’« un dispositif régulant l’émission de chaque émetteur de chaleur ». Sans exception dans le logement.

La fiche précise d’ailleurs que la classe C, définie comme « une régulation individuelle par pièce au moyen de robinets thermostatiques ou de régulateurs électroniques », n’est pas au niveau : elle constitue précisément l’installation que l’opération est censée remplacer.

  • Logement résidentiel existant depuis plus de 2 ans à la date d’engagement de l’opération.
  • Chauffage individuel. Les systèmes de chauffage collectif sont exclus.
  • Pose réalisée par un professionnel.
  • Régulation dans toutes les pièces équipées d’un émetteur de chaleur, sans exception.
  • Système de classe A ou B NF EN ISO 52120-1, prouvé par la facture ou par une attestation du fabricant.
  • Réglages possibles en local et fonctionnement maintenu sans connexion Internet.
  • Dossier engagé avant le 1er janvier 2027, date d’abrogation de la fiche.

Le montant, lui, est exprimé en kWh cumac et non en euros, parce que sa conversion dépend du cours des certificats d’économies d’énergie, qui varie selon l’obligé qui rachète le dossier. Voici les valeurs officielles, à multiplier par un facteur correctif de surface allant de 0,3 pour moins de 35 m2 à 1,6 pour plus de 130 m2 en maison individuelle.

Logement et classeZone H1Zone H2Zone H3
Maison individuelle, classe A32 800 kWh cumac26 900 kWh cumac17 900 kWh cumac
Maison individuelle, classe B22 800 kWh cumac18 700 kWh cumac12 500 kWh cumac
Appartement à chauffage individuel, classe A14 200 kWh cumac11 500 kWh cumac7 700 kWh cumac
Montants par logement avant facteur correctif de surface. Fiche d’opération standardisée BAR-TH-173, version en vigueur depuis le 1er juillet 2025 (arrêté du 10 juin 2025), consultée le 2 septembre 2026. Aucune conversion en euros n’est publiée officiellement.

Reste la TVA. Les appareils permettant « le réglage manuel ou automatique et la programmation » des systèmes de chauffage relèvent du taux réduit de 5,5 %, matériel et pose compris, dans un logement « achevé depuis au moins deux ans » et affecté à l’habitation (BOFiP, document du 22 octobre 2025). L’arrêté du 13 juillet 2026, dernière modification du périmètre, n’a touché qu’aux pompes à chaleur air/air : la régulation reste éligible.

Peut-on être dispensé de l’obligation ?

Oui, et la porte de sortie est inscrite dans le décret lui-même. L’article R. 241-31-1 précise que les obligations « ne s’imposent aux bâtiments mentionnés à l’alinéa précédent que lorsqu’elles sont techniquement ou économiquement réalisables ». L’arrêté du 8 juin 2023 chiffre le critère économique : la dispense joue quand le temps de retour sur investissement dépasse dix ans, étude à l’appui.

Trois cas de dispense ressortent des textes :

  • Impossibilité technique, notamment pour les appareils indépendants dont l’alimentation en combustible n’est pas automatisée : poêle à bûches, insert, cheminée.
  • Retour sur investissement supérieur à dix ans, que le propriétaire doit établir par une étude. Service-Public.fr reprend ce seuil mot pour mot.
  • Installation déjà conforme, cas le plus fréquent et le plus oublié : une chaudière récente pilotée par un thermostat programmable multizone, ou des radiateurs électriques modernes gérant déjà les quatre allures, ne demandent rien de plus.

Avant de commander quoi que ce soit, ouvrez la notice de votre installation existante. Un thermostat d’ambiance programmable posé il y a cinq ans avec une chaudière à condensation couvre déjà une bonne partie de l’exigence, et la question se réduit alors à la granularité par pièce.

Que risque-t-on si l’on ne fait rien ?

Rien de chiffré, à ce jour. Ni le décret n° 2023-444, ni le décret n° 2025-1343, ni la page officielle de Service-Public.fr ne prévoient d’amende ou de pénalité pour un logement non équipé. Hellio le résume ainsi : « À ce jour, aucune modalité de contrôle n’a encore été précisée […] et aucune sanction n’a été annoncée ».

Deux précautions s’imposent sur cette absence. D’abord, il reste plus de trois ans avant l’échéance de 2030 : un arrêté d’application peut parfaitement instaurer un contrôle d’ici là, comme le corps de règles du bâtiment le fait régulièrement. Ensuite, une obligation sans sanction directe produit quand même des effets indirects, sur le marché locatif et à la revente, où un acquéreur averti fera valoir un logement non conforme.

Nous ne reprenons pas, en revanche, l’argument très diffusé d’une pénalité automatique sur le diagnostic de performance énergétique : aucun texte ni aucune règle de la méthode de calcul ne l’étaye à ce jour. Tant que ce n’est pas écrit quelque part, ce n’est pas une information.

Combien coûte la mise en conformité en 2026

Comptez de 60 à 250 € pour le thermostat et de 150 à 300 € pour la pose par un professionnel selon l’ADEME, à quoi s’ajoute le prix des organes déportés si vous devez équiper plusieurs pièces. Ces fourchettes proviennent de l’infographie ADEME « Pourquoi passer au thermostat programmable ? » de décembre 2020 : elles restent cohérentes avec les prix actuels, mais l’aide qui y est mentionnée, un Coup de pouce CEE de 150 à 300 €, n’existe plus.

ÉquipementRôlePrix relevé
Tado Kit démarrage V3+ filaireThermostat central pour chaudière99,99 €
Netatmo Thermostat intelligent ORIGINAL filaireThermostat central pour chaudière139,99 €
Netatmo Thermostat intelligent ORIGINAL sans filThermostat central sans câblage149,99 €
Netatmo thermostat compatible fioul, gaz, boisThermostat central multi-énergies179,99 €
TP-Link KE100Tête thermostatique, une par radiateur40,99 €
Tado tête thermostatique additionnelleTête thermostatique, une par radiateur49,99 €
Bosch Thermostat intelligent d’ambiance IITête thermostatique, une par radiateur51,46 €
Aqara tête thermostatiqueTête thermostatique, une par radiateur58,41 €
Netatmo tête thermostatique additionnelleTête thermostatique, une par radiateur79,99 €
Eve ThermoTête thermostatique, une par radiateur84,90 €
Prix relevés chez Boulanger le 2 septembre 2026, susceptibles d’évoluer. Un seul marchand : Darty et Leroy Merlin ont refusé la consultation automatisée le même jour, aucun comparatif de prix n’est donc possible ici.

Faites le calcul complet avant de vous réjouir du prix d’appel. Une maison de cinq pièces chauffées à l’eau demande un thermostat central plus cinq têtes : à 50 € la tête, le total dépasse 350 € de matériel, hors pose. C’est précisément ce montant que la fiche CEE est censée amortir, et c’est ce montant que vous paierez plein pot après le 1er janvier 2027.

Ce que la dépense rapporte

L’ADEME chiffre le gain à « jusqu’à 15 % d’économie d’énergie de chauffage », soit jusqu’à 270 € par an pour une maison chauffée à l’électricité dont la facture de chauffage atteint 1 800 € par an, et jusqu’à 210 € par an au gaz sur une facture de 1 400 €. La même infographie rappelle que 1 °C en moins équivaut à 7 % d’économie, et recommande 19 à 20 °C le jour et 16 à 17 °C la nuit. Le chauffage pèse 66 % des dépenses énergétiques d’un logement selon l’ADEME.

Sur ces bases, une installation à 500 € posée dans une maison chauffée à l’électricité s’amortit en moins de trois ans dans le meilleur des cas. C’est aussi ce qui explique que la clause de dispense au-delà de dix ans de retour sur investissement ne concernera qu’une minorité de situations.

Faut-il s’équiper maintenant ou attendre 2030 ?

Maintenant, dans presque tous les cas, et pour une raison purement financière : la fiche CEE BAR-TH-173 disparaît le 1er janvier 2027, alors que l’obligation ne tombe qu’en 2030. Attendre l’échéance légale revient à renoncer à la seule aide encore ouverte, sans rien gagner en contrepartie.

  • Vous êtes déjà équipé d’un thermostat programmable multizone ? Vérifiez les quatre allures et la granularité par pièce, puis ne touchez à rien.
  • Vous chauffez au bois en appoint manuel uniquement ? Vous êtes hors du champ de l’obligation.
  • Vous êtes propriétaire occupant ou bailleur d’un logement individuel ? Engagez le dossier CEE avant le 1er janvier 2027, avec un professionnel, en classe A ou B.
  • Vous êtes locataire ? Signalez l’échéance à votre bailleur par écrit. L’installation ne vous incombe pas.
  • Vous êtes en chauffage collectif ? Portez le sujet à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale, la fiche CEE individuelle ne s’applique pas.
  • Votre chaudière ou votre PAC arrive en fin de vie ? Traitez la régulation dans le même chantier, le surcoût est marginal quand l’installateur est déjà sur place.

Un dernier arbitrage reste à faire, et lui n’est pas réglementaire : choisir entre un système fermé pilotable depuis l’application du fabricant et une installation ouverte, intégrée au reste de la maison. Si vous tenez à garder vos données et vos automatismes chez vous, un thermostat compatible avec une passerelle locale se pilote sans passer par un cloud : notre guide pour piloter votre installation en local avec Home Assistant montre comment procéder pas à pas.

Questions fréquentes

Le thermostat est-il obligatoire en 2027 ou en 2030 ?

Les deux, selon le logement. Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 fixe le 1er janvier 2027 pour les constructions neuves dont le permis de construire ou la déclaration préalable est déposé à partir de cette date, et le 1er janvier 2030 pour tous les autres bâtiments, donc pour la quasi-totalité du parc existant.

Faut-il obligatoirement un thermostat connecté ?

Non. Service-Public.fr précise que « le thermostat que vous installez ne doit pas obligatoirement être connecté ». Un thermostat programmable sans Wi-Fi ni application convient, à condition qu'il régule par pièce ou par zone selon un pas horaire et qu'il propose les quatre allures confort, réduit, hors gel et arrêt.

Qui doit payer le thermostat, le propriétaire ou le locataire ?

Le propriétaire. Service-Public.fr indique que « ce sont les propriétaires qui auront la charge de faire installer un thermostat, qu'ils occupent leur logement ou qu'ils l'aient mis en location ». Le locataire n'a que l'entretien de l'installation à sa charge.

Des robinets thermostatiques suffisent-ils pour être conforme ?

Non. Des robinets thermostatiques classiques règlent une température mais ne programment aucun horaire et n'offrent ni mode arrêt ni commutation automatique entre confort et réduit. La fiche CEE BAR-TH-173 classe d'ailleurs cette solution en classe C de la norme NF EN ISO 52120-1, soit le niveau que l'opération subventionnée est censée remplacer.

Quelles aides restent disponibles en 2026 pour installer un thermostat ?

La fiche CEE BAR-TH-173 et la TVA à 5,5 % sur le matériel et la pose dans un logement achevé depuis plus de deux ans. Le Coup de pouce « Pilotage connecté du chauffage pièce par pièce » est supprimé depuis le 22 novembre 2024. MaPrimeRénov' ne prévoit pas de forfait thermostat isolé.

Jusqu'à quand peut-on obtenir la prime CEE BAR-TH-173 ?

Jusqu'au 31 décembre 2026. La fiche officielle, dans sa version en vigueur depuis le 1er juillet 2025, indique que « la présente fiche est abrogée à compter du 1er janvier 2027 ». L'aide disparaît donc trois ans avant l'échéance de 2030, ce qui rend l'attente coûteuse.

Quelle sanction en cas d'absence de thermostat en 2030 ?

Aucune sanction n'est publiée à ce jour, et aucune modalité de contrôle non plus. Ni le décret n° 2023-444, ni le décret n° 2025-1343, ni la page officielle de Service-Public.fr ne prévoient d'amende. Un arrêté d'application peut toutefois instaurer un contrôle d'ici 2030.

Peut-on être dispensé de l'obligation de thermostat ?

Oui. L'article R. 241-31-1 du code de l'énergie ne rend l'obligation applicable que « lorsqu'elle est techniquement ou économiquement réalisable ». L'arrêté du 8 juin 2023 fixe le seuil économique à un temps de retour sur investissement supérieur à dix ans, étude à l'appui. Les appareils indépendants à alimentation manuelle, comme un poêle à bûches, sont hors du champ.

Combien coûte l'installation d'un thermostat conforme ?

L'ADEME retient 60 à 250 € pour le thermostat et 150 à 300 € pour la pose par un professionnel. Il faut y ajouter une tête thermostatique par radiateur en chauffage à eau, relevées entre 40,99 € et 84,90 € chez Boulanger le 2 septembre 2026. Une maison de cinq pièces dépasse ainsi 350 € de matériel.

Combien un thermostat programmable fait-il économiser ?

Jusqu'à 15 % d'économie d'énergie de chauffage selon l'ADEME, soit jusqu'à 270 € par an pour une maison chauffée à l'électricité avec une facture de chauffage de 1 800 € par an, et jusqu'à 210 € par an au gaz sur une facture de 1 400 €. L'ADEME rappelle qu'un degré en moins représente 7 % d'économie.