En bref
- La NF C 15-100 exige IPX7 dans le volume 0, IPX5 dans le volume 1 et IPX4 dans le volume 2, d’après le guide officiel Legrand de la norme.
- Traduit en ruban LED, cela donne un plancher unique et simple : IP65 partout dans la salle de bain, IP68 dans le volume 0.
- Le volume 3 n’existe plus depuis l’amendement A5 de 2015. Il a été remplacé par le volume caché sous la baignoire, interdit à tout appareil électrique.
- Un ruban marqué IP67 seul ne couvre pas le volume 1 : selon l’IEC 60529, un IPX7 n’est pas réputé résister aux jets d’eau. Il faut un double marquage IP65/IP67.
- En cuisine, la norme ne définit aucun volume. Sous un meuble, l’IP44 suffit loin de l’évier, l’IP65 s’impose au-dessus du plan de travail humide.
La plupart des rubans LED connectés vendus en France sont des IP20, c’est-à-dire des circuits imprimés nus. Le Philips Hue Lightstrip Plus 2 m, référence du marché, affiche « Code IP: IP20 » sur sa propre fiche constructeur. Aucune protection contre l’eau, pas même contre une goutte. C’est parfait derrière un téléviseur, c’est un défaut d’installation dans une salle de bain.
Quel indice IP pour un ruban LED en salle de bain ?
La NF C 15-100 impose IPX7 dans le volume 0, IPX5 dans le volume 1 et IPX4 dans le volume 2, selon le guide officiel de la norme publié par Legrand. Comme un ruban LED est aussi exposé à la poussière et à la vapeur grasse, le plancher réaliste à l’achat est un IP65 pour toute la pièce, et un IP68 dans le volume 0.
| Emplacement | Exigence NF C 15-100 | Indice à demander sur la fiche du ruban | Exemple concret |
|---|---|---|---|
| Volume 0 | IPX7, matériel TBTS 12 V | IP68, ou IP67 déclaré pour immersion permanente | Intérieur de la baignoire, sol du receveur |
| Volume 1 | IPX5 | IP65, idéalement double marquage IP65/IP67 | Niche de douche, plafond au-dessus de la baignoire |
| Volume 2 | IPX4 | IP65 (IP44 est le strict minimum normatif) | Bandeau derrière un miroir à 40 cm de la douche |
| Hors volume | Aucun indice imposé | IP44 suffit, IP20 déconseillé | Corniche au-dessus de la porte, plinthe lumineuse |
| Volume caché | Aucun appareil électrique autorisé | Rien, quel que soit l’indice | Espace sous la baignoire ou sous le receveur |
Pourquoi recommander plus que la norme ? Parce que le deuxième chiffre de l’indice ne dit rien du premier. Un IPX4 peut être un ruban dont la poussière et les résidus de calcaire finissent par attaquer les pistes cuivre. Demander un IP65 règle les deux problèmes d’un coup : le 6 signifie « étanche à la poussière » au sens de l’IEC 60529, le 5 couvre les jets d’eau.
Point de vigilance
Les sources divergent sur le volume 1. Le guide Legrand et IZI by EDF annoncent IPX5. Certains tableaux de synthèse en ligne indiquent encore IPX4. En cas de doute, retenir la valeur la plus exigeante : un IP65 satisfait les deux lectures, un IP44 n’en satisfait qu’une.
Où s’arrêtent exactement les volumes de la salle de bain ?
Le volume 0 est l’intérieur de la baignoire ou du receveur. Le volume 1 monte à 2,25 m au-dessus du sol fini, à l’aplomb de la baignoire ou dans un rayon de 1,20 m autour de la douche de tête pour une douche à l’italienne. Le volume 2 est la bande de 0,60 m qui entoure le volume 1, à la même hauteur.
Ces cotes figurent sur les deux schémas du guide Legrand, « BAIGNOIRE » et « DOUCHE À L’ITALIENNE ». Elles suffisent à trancher la quasi-totalité des projets de ruban LED : un bandeau collé sous un meuble vasque situé à plus de 60 cm du bord de la baignoire est hors volume, un ruban en corniche au-dessus de la douche est en volume 1.
Le volume 3 a disparu en 2015
Beaucoup de fiches conseils encore en ligne raisonnent en « volumes 0 à 3 ». C’est obsolète. L’amendement A5 de la NF C 15-100, publié en 2015, a supprimé le volume 3 qui entourait le volume 2. Tout ce qui était en volume 3 est aujourd’hui simplement hors volume, sans exigence d’indice IP propre.
Le volume caché, la zone que personne ne regarde
À la place du volume 3, l’amendement A5 a créé le volume caché : l’espace sous la baignoire ou sous le receveur de douche. Le guide Legrand est catégorique, « aucun appareil électrique n’est autorisé » dans cette zone. Cela vise directement une pratique très répandue : coller un ruban LED sous le tablier de baignoire pour un effet de lévitation, et loger le transformateur derrière la trappe de visite. C’est non conforme, quel que soit l’indice IP du ruban.
IP44, IP65, IP67 : que protègent vraiment ces indices ?
L’indice IP de l’IEC 60529 combine deux chiffres. Le premier, de 0 à 6, mesure la protection contre les corps solides et la poussière. Le second, de 0 à 9, mesure la protection contre l’eau, avec un essai normalisé pour chaque niveau. Le X remplace un chiffre non testé : IPX5 signifie que seule la tenue à l’eau a été évaluée.
| IPX4 | Projections d’eau de toutes directions, essai de 10 minutes |
| IPX5 | Jets d’eau, buse de 6,3 mm, 12,5 L/min, 30 kPa à 3 m de distance |
| IPX6 | Jets puissants, buse de 12,5 mm, 100 L/min, 100 kPa à 3 m |
| IPX7 | Immersion, point bas à 1 000 mm sous la surface, 30 minutes |
| IPX8 | Immersion continue, conditions définies par le fabricant |
| IP6X | Étanche à la poussière, aucune pénétration |
Deux enseignements pratiques. D’abord, l’écart entre IPX4 et IPX5 n’est pas cosmétique : on passe d’un arrosage diffus à un jet de 12,5 litres par minute. Une pomme de douche qui rince une paroi vitrée produit exactement ce type de jet. Ensuite, un IP44 très souvent vendu comme « spécial salle de bain » ne protège pas contre la poussière au-delà de 1 mm, ce qui est peu pour un circuit collé dans une pièce où l’on utilise des poudres et des sprays.
Pourquoi un ruban IP67 ne remplace pas un IP65 au-dessus de la douche
C’est le piège le moins connu de tout le sujet, et il est écrit noir sur blanc dans la définition du code IP : les degrés de protection à l’eau ne sont pas cumulatifs au-delà de 6. Un matériel conforme à l’IPX7, donc à l’immersion, n’est pas pour autant conforme à l’IPX5. Les deux essais sont différents et un fabricant ne passe pas forcément les deux.
La conséquence est directe. Le volume 1 exige IPX5. Un ruban marqué IP67 et rien d’autre ne démontre pas cette tenue aux jets. La norme prévoit d’ailleurs la notation du double essai : un produit qui passe les deux est marqué IPX5/IPX7. Sur une fiche de ruban LED, cela s’écrit IP65/IP67. C’est ce marquage qu’il faut chercher pour une niche de douche, pas un IP67 isolé.
Le gainage se paie en chaleur
La montée en indice change la construction physique du ruban. Un IP20 est un circuit nu. Un IP65 reçoit une enduction ou une gaine silicone. Un IP67 est entièrement engainé avec les extrémités scellées. Un IP68 est noyé dans une résine. Chaque couche ajoutée réduit l’échange thermique : les LED fonctionnent plus chaud, ce qui raccourcit leur durée de vie. Surprotéger n’est donc pas gratuit.
Le second effet du gainage concerne la découpe. Un ruban IP20 se coupe aux repères et se reconnecte sans précaution particulière : le Philips Hue Lightstrip Plus est d’ailleurs annoncé sécable par son fabricant. Un ruban engainé perd son étanchéité à l’endroit de la coupe. Il faut refermer avec un embout et un joint silicone, faute de quoi l’humidité entre par la tranche et reste piégée dans la gaine. Certains fabricants tranchent la question : le Hue Lightstrip extérieur, en IP67, est explicitement non sécable.
Bon à savoir
Chez Philips Hue, le ruban d’intérieur 2 m est en IP20 à 59,99 € et le ruban d’extérieur 2 m en IP67 à 69,99 €, prix relevés sur le site du fabricant le 2 septembre 2026. Aucune référence intermédiaire en IP65 sécable n’existe au catalogue. Pour un projet de salle de bain, l’offre connectée grand public reste très pauvre : c’est souvent un ruban 24 V non connecté en IP65 piloté par un module intercalé qui répond le mieux au besoin. Le choix du protocole se pose alors en amont, voir quel protocole choisir entre Matter, Thread, Zigbee et Z-Wave.
Quel indice IP sous un meuble de cuisine ?
Aucun indice IP n’est imposé sous un meuble de cuisine : la NF C 15-100 ne découpe pas la cuisine en volumes comme la salle de bain. Elle pose des interdictions ponctuelles, notamment aucune prise au-dessus de l’évier ni au-dessus des feux. Le choix de l’indice se fait donc sur des critères physiques, pas réglementaires.
La règle des 60 cm entre une prise et l’évier, souvent présentée comme normative, ne l’est pas. Sparx Élec le formule sans ambiguïté : c’est « une bonne pratique de terrain contre les éclaboussures, pas une phrase magique de la norme ». Cette bonne pratique reste un excellent repère pour un ruban LED.
- Sous meuble haut, à plus de 60 cm de l’évier et des feux : IP44 suffit. La contrainte réelle est la graisse en aérosol, pas l’eau.
- Sous meuble haut, au droit de l’évier : IP65. Un rinçage de casserole projette de l’eau vers le haut sur 50 cm sans difficulté.
- Au-dessus ou à proximité immédiate de la plaque de cuisson : IP65 et vérification de la température maximale de service du ruban, souvent limitée à 50 ou 60 °C. La vapeur d’une casserole dépasse ces valeurs.
- Sous meuble bas, éclairage de plinthe : IP65. C’est la zone qui reçoit l’eau de lavage du sol, et un IP20 collé à 8 cm du carrelage ne survit pas à la serpillière.
- Dans un tiroir ou une colonne fermée : IP20 accepté, mais prévoir un profilé aluminium. En volume clos, la dissipation thermique devient le facteur limitant.
Un point commun aux deux pièces : le ruban se pilote presque toujours par un interrupteur ou un module encastré. Avant de commander, vérifier que le boîtier d’encastrement dispose du câblage attendu, ce que traite notre article sur le fil neutre et les interrupteurs connectés.
Le bloc d’alimentation est le vrai point faible
L’indice IP du ruban ne dit rien de celui de son alimentation, et c’est presque toujours l’alimentation qui déclasse l’installation. Sur le Philips Hue extérieur, le ruban est en IP67 mais le bloc d’alimentation est en IP20 et doit rester à l’abri, d’après le test publié par The Ambient. Le même écart existe sur la quasi-totalité des kits vendus en ligne.
La norme est de toute façon plus stricte que la fiche produit. Le guide Legrand de la NF C 15-100 précise que « le transfo de séparation doit être en dehors des volumes 0, 1 et 2 ». Concrètement, dans une salle de bain, l’alimentation d’un ruban LED n’a pas sa place derrière le miroir au-dessus du lavabo si celui-ci est en volume 2 : elle se loge hors volume, dans un placard, un faux plafond de couloir ou une gaine technique ventilée.
Cet éloignement obligatoire a une conséquence électrique qu’il faut anticiper dès le plan : plus le bloc est loin du ruban, plus la chute de tension pèse sur le câble et sur les derniers centimètres de LED. Un ruban parfaitement étanche mais alimenté par trois mètres de câble sous-dimensionné éclaire faux à son extrémité. La méthode de calcul est détaillée dans notre article sur le dimensionnement de l’alimentation et la chute de tension.
Point de vigilance
Trois obligations accompagnent toute installation en salle de bain, indépendamment du ruban : circuit protégé par un interrupteur différentiel 30 mA, liaison équipotentielle locale reliant les canalisations et les masses métalliques, et matériel TBTS 12 V dans les volumes. Un ruban en 24 V est déjà en très basse tension, mais seul un bloc marqué transformateur de sécurité garantit la TBTS attendue par la norme.
La checklist avant de commander
Huit vérifications suffisent à écarter la quasi-totalité des rubans inadaptés. Elles se font toutes sur la fiche produit, avant l’achat.
- L’indice IP est écrit en toutes lettres sur la fiche technique, pas seulement dans le titre de l’annonce.
- Pour une niche de douche ou un plafond de baignoire, le marquage est IP65 ou IP65/IP67, jamais IP67 seul.
- L’indice annoncé concerne bien le ruban et non le seul boîtier de connexion.
- L’indice du bloc d’alimentation est indiqué séparément, et son emplacement prévu est hors volume.
- Le ruban est sécable ou, s’il ne l’est pas, sa longueur correspond exactement au besoin.
- Le kit inclut des embouts et un joint silicone si une découpe est prévue.
- La température maximale de service est compatible avec l’emplacement, surtout au-dessus d’une plaque de cuisson.
- Le pilotage est compatible avec votre installation existante, sujet distinct de l’étanchéité que détaille notre article sur ce que la norme Matter change vraiment.
Un dernier repère de bon sens : si un vendeur annonce un ruban « étanche salle de bain » sans donner d’indice IP chiffré, la fiche est incomplète et l’achat doit s’arrêter là. La même exigence vaut dehors, où l’indice conditionne la tenue au gel autant qu’à la pluie, comme le montre notre guide des marques d’éclairage extérieur connecté.