En bref
- Le calcul tient en une ligne : watts par mètre multipliés par la longueur, puis multipliés par 1,25. Un ruban RGB de 7,2 W/m posé sur 5 m consomme 36 W et réclame donc une alimentation de 45 W au minimum.
- Au-delà de 5 m, le 24 V n’est plus une option. Sur un même ruban 2835 de 9,6 W/m long de 5 m, Myledy mesure 1,79 V de chute en 12 V, soit 15,1 %, contre 1,27 V en 24 V, soit 5,4 %.
- Alimenter les deux extrémités divise la chute par quatre, ou double la longueur admissible. Myledy passe ainsi de 7 m à 14 m sur sa série 2835 à 9,6 W/m.
- Le bout qui jaunit n’est pas un défaut de fabrication. Les puces bleues s’allument à 3,0 ou 3,2 V, les rouges à 2,0 ou 2,2 V : quand la tension baisse, le bleu décroche en premier et le blanc dérive vers le jaune, puis vers le rouge.
- Le contrôleur connecté plafonne souvent avant l’alimentation. Un Shelly Plus RGBW PM accepte 4 A par canal et 10 A au total, soit 120 W en 12 V et 240 W en 24 V.
Un ruban LED qui s’éteint au bout de six mois, qui clignote quand toutes les couleurs montent, ou qui vire au jaune sur son dernier mètre : dans les trois cas, le coupable est le même. Personne n’a fait le calcul. Ce calcul demande trois nombres et deux minutes, et il conditionne à la fois l’alimentation à acheter et la longueur qu’il est raisonnable de poser.
Combien consomme un ruban LED, en watts par mètre ?
Entre 4 et 24 W par mètre selon la technologie. Govee retient 7,2 W/m pour un ruban RGB standard, 14,4 W/m pour un blanc haute densité et 24 W/m en moyenne pour un ruban COB. La valeur exacte figure sur la bobine ou sur la fiche produit : c’est le seul chiffre à aller chercher.
Cette valeur correspond au ruban à pleine puissance, toutes couleurs allumées. Un usage réel en blanc chaud à 50 % de luminosité consomme nettement moins, mais une alimentation se dimensionne sur le pire cas, pas sur la moyenne. La méthode Govee est explicite : « si la puissance est de 10 W par mètre et que vous voulez installer un ruban de 3 mètres, la puissance totale sera de 10 x 3 = 30 W ».
Les rubans connectés vendus en kit sont souvent plus sobres, parce que leur densité de LED est plus faible. Le Philips Hue Solo lightstrip de 5 m, affiché à 89,99 € sur la boutique officielle Philips Hue France au relevé du 2 septembre 2026, annonce 20 W pour ses 5 mètres, soit 4 W/m, et 1 700 lumens à 4000 K. Sa fiche donne aussi une seconde valeur, souvent ignorée : 24 W de puissance électrique appelée au secteur. Les 4 W d’écart sont dissipés par le bloc d’alimentation, dont le rendement tombe donc à 83 %.
| Type de ruban | Consommation | Pour 5 m | Pour 10 m |
|---|---|---|---|
| RGB standard | 7,2 W/m | 36 W | 72 W |
| Blanc haute densité | 14,4 W/m | 72 W | 144 W |
| COB | 24 W/m | 120 W | 240 W |
| Philips Hue Solo lightstrip | 4 W/m | 20 W | non extensible |
Quelle puissance d’alimentation faut-il prévoir ?
La consommation totale multipliée par 1,25. Jamais la valeur brute. Cette marge de 25 % applique la règle des 80 % : une alimentation à découpage ne doit être chargée qu’aux quatre cinquièmes de sa puissance nominale. Sur nos 36 W de ruban RGB en 5 m, cela impose une alimentation de 45 W au minimum.
Les trois sources qui publient un coefficient ne donnent pas exactement le même. Govee conseille « une valeur supérieure de 20 à 30 % ». Flexfire LEDs et aspectLED retiennent la règle des 80 %, soit un multiplicateur de 1,25, Flexfire admettant 1,11 pour un driver haut de gamme prévu pour tenir 90 % de charge en continu. La fourchette utile va donc de 1,2 à 1,3, et 1,25 est le compromis qui ne se discute nulle part.
| Ruban | Longueur | Puissance | Alimentation minimale | Courant en 12 V | Courant en 24 V |
|---|---|---|---|---|---|
| RGB 7,2 W/m | 5 m | 36 W | 45 W | 3,0 A | 1,5 A |
| RGB 7,2 W/m | 10 m | 72 W | 90 W | 6,0 A | 3,0 A |
| Blanc 14,4 W/m | 5 m | 72 W | 90 W | 6,0 A | 3,0 A |
| Blanc 14,4 W/m | 10 m | 144 W | 180 W | 12,0 A | 6,0 A |
| COB 24 W/m | 5 m | 120 W | 150 W | 10,0 A | 5,0 A |
| COB 24 W/m | 10 m | 240 W | 300 W | 20,0 A | 10,0 A |
La colonne « courant » est celle qui décide de tout le reste : section de câble, choix du contrôleur, nombre de points d’alimentation. Elle explique aussi pourquoi le 24 V change la donne, puisqu’à puissance identique il divise le courant par deux.
Point de vigilance
Sous-dimensionner ne se traduit pas par un ruban un peu moins lumineux, mais par une panne. aspectLED décrit trois effets : une alimentation insuffisante « provoque une performance lumineuse instable », les LED « s’usent plus vite lorsqu’elles sont sous-alimentées », et la surcharge « augmente le risque de surchauffe et de défaillance ». Au-delà de 100 % de charge, le bloc se met en sécurité et redémarre en boucle, ce qui produit un clignotement caractéristique. Sur-dimensionner à l’excès n’est pas neutre non plus : sous très faible charge, le rendement d’une alimentation se dégrade.
Dernier réflexe, avant de valider : la tension de l’alimentation doit correspondre exactement à celle du ruban. Govee le formule sans détour, « un ruban 12 V grillera si vous l’alimentez en 24 V, et un ruban 24 V ne fonctionnera pas en 12 V ».
12 V ou 24 V : lequel choisir au-delà de 5 mètres ?
Le 24 V, sans hésiter. À puissance égale, il appelle deux fois moins de courant, donc il subit une chute de tension bien plus faible sur la longueur du ruban. Govee fixe la limite pratique à 5 m pour un ruban 12 V et à 10 m pour son équivalent 24 V, et la mesure confirme l’écart.
Le fabricant Myledy a mesuré la tension à l’entrée et au bout de trois rubans de 5 m alimentés par une seule extrémité. Les résultats méritent d’être lus deux fois.
| Ruban testé, 5 m | Tension à l’entrée | Tension au bout | Chute |
|---|---|---|---|
| 2835, 120 LED/m, 9,6 W/m, 12 V | 11,82 V | 10,03 V | 1,79 V soit 15,1 % |
| 2835, 120 LED/m, 9,6 W/m, 24 V | 23,39 V | 22,12 V | 1,27 V soit 5,4 % |
| 2835, 180 LED/m, 14,4 W/m, 24 V | 23,05 V | 21,50 V | 1,55 V soit 6,7 % |
15,1 % contre 5,4 % : sur le même ruban, à la même longueur, changer de tension divise la chute relative par 2,8. La théorie prédit même un facteur 4, puisque la chute en volts est divisée par deux et qu’elle se rapporte à une tension deux fois plus grande. L’écart entre 2,8 et 4 s’explique simplement : quand la tension baisse, les LED appellent moins de courant, ce qui freine la chute. Un ruban qui faiblit se protège lui-même, au prix de la lumière qu’il devait produire.
Le cas du ruban 24 V de 14,4 W/m rappelle que la tension ne fait pas tout : plus dense, il chute davantage que son voisin de 9,6 W/m, à 6,7 % contre 5,4 %. La puissance par mètre compte autant que la longueur, et un ruban COB à 24 W/m mérite un traitement plus prudent encore que les valeurs de ce tableau.
Pourquoi le bout du ruban vire au jaune, puis au rouge ?
Parce que les trois couleurs ne s’allument pas à la même tension. Selon LEDYi, une puce bleue ou verte demande de 3,0 à 3,2 V, une puce rouge se contente de 2,0 à 2,2 V. Quand la tension baisse le long du ruban, le bleu s’éteint le premier, le blanc dérive vers le jaune, puis vers le rouge.
C’est le meilleur outil de diagnostic gratuit d’une installation. Un ruban blanc uniforme sur ses trois premiers mètres et légèrement ambré sur le dernier ne souffre pas d’un lot de LED défectueux : il manque de tension au bout. LEDYi décrit exactement cette séquence, « la lumière blanche vire progressivement au jaune, et à l’extrémité du ruban la lumière blanche devient rouge, du fait de la baisse de tension ».
Sur un ruban RGB piloté, le symptôme prend une autre forme : les bleus profonds et les cyans deviennent impossibles à obtenir en fin de bande, alors que les rouges et les ambres restent corrects. Si votre scène « bleu nuit » se termine en dégradé violacé, cherchez du côté de la tension avant de blâmer le contrôleur ou le protocole radio choisi.
Alimenter le ruban par ses deux extrémités
C’est le geste qui rapporte le plus pour le moins d’effort : un second câble, tiré de la même alimentation jusqu’à l’extrémité libre du ruban, en respectant les polarités. LEDYi recommande directement de « raccorder les deux extrémités du ruban à l’alimentation ». Le gain n’est pas marginal, il est d’un facteur quatre.
Le calcul qui justifie le geste
Un ruban est une charge répartie : chaque centimètre consomme, donc le courant qui circule dans les pistes de cuivre décroît du point d’alimentation vers l’extrémité. Alimenté par un seul bout, la chute totale est proportionnelle au carré de la longueur. Alimenté par les deux bouts, le ruban se comporte comme deux moitiés indépendantes de longueur divisée par deux : la chute tombe donc à un quart de sa valeur.
À chute égale, cela signifie une longueur admissible multipliée par deux. Myledy le vérifie sur sa série 2835 à 9,6 W/m : 7 m au maximum en alimentant d’un seul côté, 14 m en alimentant des deux. Pour aller plus loin, Quindor conseille de repasser à des segments d’environ 2,5 m entre deux injections sur du 24 V, faute de quoi la chute redevient visible.
Les limites d’un point d’injection
Les pastilles de soudure d’un ruban ne sont pas des borniers de tableau électrique. Quindor donne deux plafonds à ne pas dépasser : « une injection en bout peut délivrer au maximum 4 ampères dans un ruban, et une injection au milieu environ 8 ampères ». Traduit en puissance sous 24 V, cela fait 96 W par point d’alimentation en bout de bande, et environ 192 W pour une injection centrale.
- Reprendre la même alimentation, pas un second bloc. Deux alimentations non synchronisées sur un même ruban créent des courants de circulation entre elles.
- Respecter la polarité à chaque point : inverser le plus et le moins sur la seconde amenée met l’alimentation en court-circuit.
- Dimensionner le fil d’injection pour rester sous 10 % de chute, seuil retenu par Quindor pour un câble d’injection.
- N’injecter que le plus si le ruban est piloté. Sur un ruban RGB à anode commune, seule la piste positive se renforce ; les pistes rouge, verte et bleue doivent rester raccordées aux sorties du contrôleur, faute de quoi la commande de couleur est court-circuitée.
Quelle section de câble entre l’alimentation et le ruban ?
Assez pour rester sous 3 % de chute sur le trajet, seuil retenu par Myledy comme par les guides de calcul en courant continu. La formule est courte : section en millimètres carrés égale 2 fois 0,023 fois la longueur en mètres fois le courant en ampères, divisé par la chute admise en volts.
Le facteur 2 vient du trajet aller et retour du courant, la longueur électrique valant deux fois la distance physique. La valeur 0,023 ohm par millimètre carré et par mètre est la résistivité conventionnelle du cuivre retenue par la règle de chute de tension de l’UTE C 15-105. Avec un câble d’amenée de 3 m, longueur typique entre un bloc caché dans un placard et le départ du ruban, voici ce que la formule donne.
| Courant | Section calculée en 12 V | Section à retenir | Section calculée en 24 V | Section à retenir |
|---|---|---|---|---|
| 2 A | 0,77 mm2 | 1,0 mm2 | 0,38 mm2 | 0,5 mm2 |
| 5 A | 1,92 mm2 | 2,5 mm2 | 0,96 mm2 | 1,0 mm2 |
| 10 A | 3,83 mm2 | 4,0 mm2 | 1,92 mm2 | 2,5 mm2 |
La lecture en diagonale de ce tableau résume l’article : à courant identique, le 24 V demande deux fois moins de cuivre. Un ruban COB de 5 m tiré en 12 V réclame du 4 mm2, une section de câble d’alimentation domestique ; le même en 24 V se contente de 2,5 mm2. Et si le câble d’amenée dépasse 3 m, la section requise grimpe proportionnellement à sa longueur.
Le contrôleur connecté impose sa propre limite
C’est la contrainte que le calcul oublie systématiquement. Une alimentation de 200 W ne sert à rien si le module qui pilote les couleurs plafonne à 120 W. Le Shelly Plus RGBW PM, l’un des contrôleurs les plus répandus pour ruban en 12 ou 24 V continu, annonce 4 A par canal et 10 A au total. Soit 120 W sous 12 V, et 240 W sous 24 V.
Repassez ces deux plafonds sur le tableau de dimensionnement plus haut. Un ruban blanc haute densité de 10 m appelle 12 A en 12 V : au-delà des 10 A du module, l’installation est hors spécification avant même d’avoir été branchée. Le même ruban en 24 V n’appelle que 6 A, et passe sans problème. Le choix de la tension ne conditionne donc pas seulement la chute, il conditionne aussi la faisabilité du pilotage.
Bonne nouvelle, ce module embarque un voltmètre 0 à 24 V et un ampèremètre 0 à 10 A. Remontées dans une installation Home Assistant, ces deux mesures transforment le calcul théorique en vérification : si la tension lue s’écarte de la valeur nominale, la chute est déjà en train de se produire. C’est aussi une manière de piloter son éclairage en local, sans abonnement.
Les kits fermés déplacent le problème plutôt qu’ils ne le résolvent. Le Philips Hue Solo lightstrip est sécable tous les 33 centimètres, mais sa fiche officielle indique « Peut être agrandi : Non ». Son alimentation est calculée pour la longueur livrée, ni plus ni moins. Si vous prévoyez de commander le ruban depuis un interrupteur mural, vérifiez d’abord la présence du fil neutre dans votre boîtier.
Le calcul complet, en six étapes
- 1. Relever les watts par mètre sur la bobine ou la fiche produit. À défaut, retenir 7,2 W/m en RGB, 14,4 W/m en blanc haute densité, 24 W/m en COB.
- 2. Multiplier par la longueur réelle à poser, découpes comprises. Un ruban raccourci consomme moins, un ruban rallongé consomme plus.
- 3. Multiplier par 1,25 pour obtenir la puissance minimale de l’alimentation, puis arrondir à la valeur commerciale immédiatement supérieure.
- 4. Diviser la puissance par la tension pour obtenir le courant, et confronter ce courant au plafond du contrôleur connecté avant tout achat.
- 5. Choisir la tension : 12 V acceptable jusqu’à 5 m, 24 V obligatoire au-delà, ou dès que le ruban dépasse 14,4 W/m.
- 6. Prévoir la seconde amenée dès la pose, même si vous ne la raccordez pas tout de suite. Tirer un câble derrière une corniche déjà collée coûte bien plus cher que le câble lui-même.
Point de vigilance
En salle de bains, la basse tension du ruban ne dispense d’aucune règle. Legrand rappelle que l’éclairage placé dans les volumes doit être en très basse tension de sécurité, « c’est-à-dire à une tension inférieure à 50 V », que « le transfo de séparation doit être en dehors des volumes 0, 1 et 2 », et que l’indice de protection exigé va de IPX7 en volume 0 à IPX5 en volume 1, puis IPX4 en volume 2, le volume 1 montant jusqu’à 2,25 m au-dessus du sol. Un ruban IP20 comme le Hue Solo n’a donc rien à faire au-dessus d’une douche. Le découpage complet, volume par volume, et l’indice à vérifier sur la fiche produit sont détaillés dans notre guide de l’indice IP à exiger en salle de bain et sous un meuble de cuisine. Faites valider l’implantation par un électricien : la norme NF C 15-100 raisonne par volume, pas par produit. Le même raisonnement vaut à l’extérieur, où le choix de la marque et de l’indice IP prime sur le calcul de puissance.
Reste une vérification que rien ne remplace : une fois le ruban posé et alimenté, mesurez la tension à son extrémité, toutes couleurs allumées. Si l’écart avec la valeur nominale dépasse 10 %, ajoutez la seconde amenée. Ce test de trente secondes vaut tous les tableaux de cet article.